Elena Gouro, Les petits chameaux du ciel


Elena Gouro a toujours aspiré à des interrelations entre le mot, l'image et le son écrit Jean-Baptiste Para dans la préface des Petits chameaux du ciel. Cela est si vrai, un peu comme ce rapport au monde qui la caractérise et s'échappe de sa poésie. Un regard neuf, constamment renouvelé, une naïveté. "L'enfant voit tout En nouveauté" disait Baudelaire. 

" - Mais non, après tout, je ne peux pas me passer d'un rêve : je porte en moi le corps bleu doré d'une jeune chose, et quand je m'imprègne de vie, elle s'en imprègne aussi, les poètes sont ainsi. Que faire ?

- Sois frugal.
- Je le serai ".

Ce livre est le dernier dans lequel Elena Gouro, trop tôt disparue, apparaît avec ses camarades - un livre qu'elle a conçu en avril dernier. Un nouveau printemps joyeux approche à grands pas : une nouvelle conquête du monde, immense et qualitative. C'est comme si tous les êtres vivants, brisés en milliers d'apparences, déformés et humiliés, s'efforçaient impétueusement de trouver un véritable chemin vers eux-mêmes et vers les autres, renversant toutes les frontières et tous les modes établis de communication humaine.

Son âme était trop tendre pour être brisée, trop grande et riche de bonté pour se quereller même avec le passé, et si transparente qu'elle traversait avec aisance les phénomènes les plus compacts du monde, les émergences les plus rugueuses de la grande lumière à venir préfigurée par sa petite bougie silencieuse. Elle-même se sentait sans doute peu contrainte par les anciennes formes, mais dans la jeune pression du < nouveau >, elle a immédiatement reconnu la sienne, et elle ne s'est pas trompée. Et si, pour beaucoup, son lien avec nous était un triste malentendu, c'est uniquement parce qu'ils ne la comprenaient pas plus qu'ils ne se comprenaient eux-mêmes ", MIKHAÏL MATIOUCHINE (1913).

Elena Gouro, Les petits chameaux du ciel, traduit et présenté par Jean-Baptiste Para, éditions AEncrage & Co. 

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