Les éléments, Marie de Quatrebarbes

 

Pour attaquer l'année, il faut un bon livre, un livre qui nous accroche aux pages et aux mots, un livre qui dit vrai, qui dit sur le fil entre les rives au passage d'un torrent, l'humanité peut-être, un livre qui sait prendre par la main, jusqu'à demain, au moins ...
Un livre qui forme un tout, une somme, que tout fragment réduit. 

Composé en quatre parties, plus une « digression », le livre suit le découpage suivant : le premier texte part de la perception d’un enfant d’un pétale de tulipe, pour aller à la rencontre d’un monde équivoque, entre création et destruction. Puis, une micro-biographie de Georges Méliès revient sur l’invention des « actualités reconstituées », par un magicien de l’image comme une poétique possible du présent. Ensuite, une séquence « marine » arpente l’univers d’une plage, à travers les phases intermédiaires entre la terre et l’eau. La quatrième se penche sur des formes de vies ambivalentes, sensibles et inanimées. Pour finir, le livre se clôt sur l’évocation d’une maison traversée par le vent. Dans son ensemble, le livre parcourt des durées hétérogènes, cherchant son point d’équilibre entre temps longs et fulguration du présent. Les éléments est aussi un livre de lectures placé sous l’égide de Robert Burton, et qui convoque les présences discrètes de Paul Valéry, Henri Michaux ou encore Aby Warburg, ainsi que de cinéastes (Joris Ivens, Georges Méliès). Dans sa forme composite, le livre propose une cosmogonie en petit, où les êtres et les formes se mélangent, oscillant entre réel et fiction. La forme privilégiée est celle d’un vers élastique, souple, qui tend vers la prose. Marie de Quatrebarbes parvient ainsi à créer une langue intime, fragile pour faire apparaître à la fois les obsessions et les fantômes avec lesquels nous peuplons le monde _ Résumé de l'éditeur ]. 


Marie de Quatrebarbes, Les éléments, POL, 2024.


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